Comme l'indique Marcel Brion dans sa préface, les lecteurs du Désert des Tartares reconnaîtront dans Barnabo des Montagnes l'idée dominante qui supporte toute l'œuvre de Buzzati : il ne convient pas de distinguer entre l'histoire et le mythe, la réalité et la chimère car tout, peut-être, est fiction et l'essentiel est de vivre (puisqu'on a commencé), même fictivement. Ainsi, après avoir été exclu du corps d'élite des gardes forestiers, Barnabo remontera-t-il vers sa poudrière, veiller sur des explosifs inutiles - voire absents - comme Drogo veille sur le fort Bastiani du Désert des Tartares, car c'est l'absurde seul qui donne un sens à la vie.