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Dossier
L'argent des dictateurs
La corruption n'est pas l'exclusivité des dictatures. Ces dernières ont toutefois des spécificités : l'importance des fortunes accumulées aboutissant souvent à un appauvrissement dramatique du pays, le placement des fonds dans des économies riches et sûres avec la participation active récurrente des systèmes bancaires et des paradis fiscaux, et enfin la difficulté à restituer les avoirs des dictateurs en cas de révolution.
La chute récente de certains d'entre eux, emportés par l'onde de choc qui parcourt le monde arabe, pose avec une acuité accrue la question de l'identification et de la restitution des avoirs accumulés au pouvoir. Le cas de la Françafrique, élément constitutif de la politique africaine voulue par le général de Gaulle et poursuivie par tous ses successeurs, démontre que la corruption tolérée de dictateurs alliés contribue à pourrir la vie politique des démocraties.
Les grandes puissances sont donc face à un défi, celui de restituer aux nouveaux pouvoirs les biens accumulés, dans des conditions démocratiques et transparentes. Les nouveaux régimes ont par ailleurs de bonnes raisons de ne pas assumer la totalité des dettes contractées.
Ce dossier consacré à l'argent des dictateurs a pour but de faire ressortir nombre des caractéristiques systémiques de ce défi important des relations internationales.