Plus de quinze ans après l'armistice de 1918, le romancier Roger Vercel, dont l'oeuvre était déjà plutôt orientée vers la mer, écrit Capitaine Conan. Soit le récit, sur un front oublié de la Grande Guerre, celui de l'Orient, du destin de Conan. Ce chef de groupe franc était chargé d'attaquer les tranchées. Sa mission était impitoyable. Conan et ses hommes l'ont accomplie sans états d'âme. Et revenir au temps de la paix et de la légalité n'est pas pour eux chose aisée. Roger Vercel donne naissance à une puissante figure littéraire, celle d'un soldat, d'un Breton intrépide, une forte tête, un fils de Du Guesclin dont Henri de Régnier pouvait écrire dans Le Figaro du 10 novembre 1934 : « Nous les lecteurs, nous le connaîtrons toujours vivant. Nous ne l'oublierons pas car il est inoubliable. »
Étienne de Montety
directeur du Figaro littéraire